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Organisation d’un article


2. Organisation d’un article

Un article comprend en général les sections suivantes :

1. Dans l’introduction, on pose le problème, on expose ce que la recherche a déjà appris à ce sujet, ce que l’étude que l’on a menée était censée y apporter et on décrit brièvement comment on a tenté d’atteindre cet objectif.
2. Dans la section méthode, on explique en détail le design expérimental.
3. Dans la section résultats, on présente les données récoltées.
4. Dans la section discussion, on offre une interprétation des résultats, on discute leur portée.
5. Le résumé, englobe les points 1 à 4.
6. Dans la section références bibliographiques, on présente une liste alphabétique des ouvrages cités dans l’article.
7. L’annexe est réservée au questionnaires, aux échelles, aux stimuli utilisés et aux données et tableaux trop encombrants ou périphériques pour être inclus dans le texte proprement dit.
L’idéal est de faire un plan de ce que l’on veut exposer dans chaque section : quelles idées principales y seront traitées, comment elles seront reliées les unes aux autres.

2.1. L’introduction

Le but d’une introduction est de présenter une question intéressante, de placer l’étude dans son contexte et d’offrir au lecteur un premier aperçu du travail réalisé.
On veillera à débuter en des termes assez généraux pour petit à petit cerner le sujet de façon de plus en plus détaillée et enfin, clôturer l’introduction par un bref résumé de l’expérience.
Une bonne introduction délimite la question à l’étude, informe le lecteur de l’avancement de la recherche en ce domaine mais le convaincre également que l’étude que vous allez menée est un apport utile et justifié à la littérature déjà existante.
Pour introduire le phénomène à l’étude il faut :
- faire en sorte que la première phrase de l’introduction expose clairement la question que vous allez aborder tout au long de l’article.
-         résumer brièvement le contenu de l’article.
-         placer votre recherche dans son contexte : c’est à ce stade que vous parlerez des contributions des autres chercheurs au domaine de recherche qui vous occupe.
-         toute étude ou théorie citée sera accompagnée du nom de son auteur et de la date de la publication correspondante.

2.2. Matériel et Méthode

Ici vous devez fournir tous les détails qui ont permis la recherche (site d’étude, espèce étudiée, technique d'échantillonnage, dispositif et traitements expérimentaux, techniques d'analyses physico-chimiques ou statistiques, nomenclature, abréviations, appareillage, etc.), en faisant éventuellement une subdivision par aspect traité.
En fait, l'information devrait être suffisamment complète pour que n'importe quel autre chercheur compétent puisse refaire la procédure. De la possibilité de tester la reproductibilité de la recherche en question dépend la validité de l'article.
Toutefois, pour des méthodes universellement connues, le renvoi à une référence bibliographique peut suffire.
Pour faciliter la lecture de l'article, il est souhaitable de subdiviser ce chapitre en sous-chapitres ou paragraphes qui correspondent à la construction du chapitre où sont présentés les résultats (p. ex. telle analyse qui apporte tel résultat). On n’indique que les méthodes utilisées pour produire les résultats présentés dans l’écrit, et, inversement, à tous résultat présenté dans la section ad hoc doit correspondre le descriptif de la méthode Il est particulièrement important de prendre garde aux directives de l'éditeur lors de la rédaction de ce chapitre.
Ce chapitre s'écrit au temps passé.

2.3. Les résultats

Ici le but est double:
a)        présenter globalement ce qui a été fait, sans pour autant répéter avec autant de précision l'aspect "matériel et méthodes" ;
b)       donner les résultats en décrivant les faits, sans les interpréter. Si le chapitre "Matériel et méthodes" de même que le chapitre "Discussion" ont été rédigés avec soin, la présentation des résultats ne nécessite pas un long chapitre.

Ces résultats doivent être présentés avec une clarté absolue puisqu'ils constituent l'essence même de l'article et de l'idée qu'il véhicule. Si les résultats sont boiteux ou mal présentés, c'est tout l'article qui perd sa valeur. Il est p. ex. inutile de publier une liste sans fin de données répétitives; le travail doit être prédigéré pour le lecteur. Vouloir inclure sans exception toutes les données récoltées ne prouve pas que l'on dispose d'informations complètes mais montre plutôt l'absence de discernement et d'esprit de synthèse dans l'interprétation des données. En cas de grandes listes, relevés, etc., on peut renvoyer à des annexes ou éventuellement à l'adresse de l'auteur, avec "mise à disposition" des données sur demande. Ce chapitre peut être subdivisé en sous-chapitres, conformément à l’organisation du texte sous Matériel et Méthodes (même chronologie).
Certes, il s'agit avant tout de mettre en valeur les résultats significatifs ou positifs, éventuellement par un tableau ou un graphe, mais il peut aussi être profitable de signaler les résultats non significatifs ou les aspects négatifs. Ne dit-on pas "l'absence d'évidences ne signifie pas l'évidence d'absences". En général, on n’utilise guère les références bibliographiques dans cette partie.
Les présentations graphiques (organigrammes, schémas "cybernétiques", graphes, tableaux de synthèse) sont toujours préférables à des développements verbaux, qu'ils remplacent ou complètent avantageusement. Elles sont plus claires, plus synthétiques et plus rapides à lire et à comprendre. On évitera toutefois de faire figurer la même information à la fois dans une figure et dans un tableau. Ces présentations graphiques ne doivent pas être confondues avec les illustrations qui constituent en général de simples images venant agrémenter un texte qui se suffit à lui-même. Celles-ci devraient être réduites au minimum dans une publication scientifique. Dans certains cas, cependant, des illustrations, même en couleurs, sont très profitables (p.ex. un photographie satellite).
Ce chapitre doit être rédigé au passé. Parfois on utilise le présent quand on décrit directement un tableau ou une figure, et le passé quand on se réfère à l’analyse qui a été faite et aux résultats.

2.4. Discussion

Elle constitue le corps de l'écrit et demande le plus long temps de travail et l'effort de réflexion le plus intense avant d'aboutir à la conclusion. C’est dans la discussion que se mesure l’originalité du travail, sa vraie dimension scientifique et son caractère novateur.
Le rédacteur doit trier les faits et les résultats (les nombreux matériaux de base) pour montrer leur signification. Par une analyse rigoureuse des données et leur mise en relation, il pourra faire ressortir les grandes idées. Pour cela le plan de rédaction, la structure, doivent impérativement être définis avant de se lancer dans l’écriture, sinon le lecteur aura du mal à suivre les méandres de la pensée de l'auteur.
Le passage d'une multitude de cas particuliers à un cas général se nomme l'induction. Le rédacteur induit une idée générale à partir des observations qu'il a effectuées. Ce faisant il conservera toujours à l'esprit le but de l'écrit. Il est bien souvent avantageux de se reposer les questions de temps à autre, p. ex. en retournant au texte de l’introduction, pour s'assurer qu'on cherche toujours les bonnes réponses. A t-on vraiment fait ce qu’il fallait pour répondre aux hypothèses annoncées ?
Le rédacteur doit aussi vérifier que toutes les données importantes dont il disposait ont bien pris place dans les idées et que celles-ci ne trahissent pas les résultats: la déduction (opération inverse de l'induction) des faits observés doit aussi être possible ou compatible avec les idées retenues. Vouloir dire davantage que ne le permettent les données risque de discréditer l'ensemble du travail. Le cas échéant, le rédacteur doit indiquer les points obscurs ou l'absence de conformité aux hypothèses. L'éthique professionnelle exige que n'importe quel résultat soit interprété, même s'il ne correspond pas à ce que l'on attendait. D'ailleurs, n'est-ce pas dans cette situation qu'on a le plus de chance de mettre le doigt sur une originalité? 

Lors de l'interprétation, il est bon aussi de comparer les résultats avec ceux d'autres auteurs ou de les placer dans un contexte plus général. C’est ici que les références bibliographiques seront les plus utiles et les plus utilisées.
Le rédacteur veut convaincre. Un moyen pour cela consiste à placer les idées par ordre d'importance, de façon à ce que leur enchaînement constitue une démonstration. Cette façon de faire offre un double avantage: le terrain est préparé progressivement pour les conclusions et, la dernière idée, la plus importante, a le plus de chance de rester dans la mémoire du lecteur. Mais il peut être tout aussi judicieux de présenter d'emblée l'idée maîtresse, puis le cheminement qui y conduit. Pour éviter toute confusion, il est préférable de ne pas inclure trop d'idées dans un seul écrit.
A l'intérieur de chaque partie consacrée à une idée, que l’on peut mettre en évidence par des sous-titres, il est nécessaire de structurer le texte en sous-parties. La première sous-partie énumère les faits. Ces faits sont ensuite soumis à discussion dans la seconde sous-partie. La discussion aboutit à des conclusions intermédiaires, formant la troisième sous-partie. Dans la discussion, le rédacteur est amené à prendre position, à émettre des nouvelles idées ou hypothèses. Entre les parties "idées" il faut une transition qui légitime le passage d'une idée à l'autre. Elle fait naître, chez le lecteur, le besoin d'aller plus avant. Si l'on ne parvient pas à lier certains éléments du plan par transition simple et naturelle, c'est qu'il y a rupture dans la progression de la pensée. L'erreur doit alors être recherchée et corrigée.
Ce chapitre doit être écrit tantôt au passé (allusions aux propres résultats et lorsque l’on cite d’autres auteurs), tantôt au présent pour des faits déjà bien établis et pour les idées qui sont avancées.

2.5. La conclusion

La conclusion n'est pas le résumé de l'écrit, mais la fin. Elle récapitule d'abord brièvement le cheminement de pensée et en particulier les conclusions intermédiaires décrites dans le développement. Puis elle énumère les propositions qu'en déduit l'auteur, constituant ainsi le terme de la démonstration.
La conclusion ne peut faire référence à des idées dont il n'a pas été question dans le développement. On ne saurait y trouver des faits nouveaux car la conclusion n'est en principe pas une ouverture sur d'autres idées; pour cela il est préférable d'ajouter un chapitre "Perspectives", comme on le fait souvent à la fin des travaux de diplôme ou des thèses de doctorat (mais dans les publications, la conclusion et les perspectives qui en dérivent sont souvent fusionnées). La conclusion s'ouvre plutôt sur l'action et doit être formulée très clairement, sous peine d'en diminuer l'impact.
La conclusion doit être rédigée au présent. 
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